Jour 2 : De Tinzaline vers Aït Tigga
Lundi 4 octobre
Malgré le manque de sommeil, tout le monde est prêt de bonne heure. Après le petit-déjeuner et, pour certains, la dernière douche que nous allons rencontrer pendant une semaine, Mohamed nous présente le circuit et les étapes qui nous attendent. Les cartes sont peu précises, les sentiers pas toujours tracés. Hassan, chez qui nous avons logé, va nous accompagner dans notre périple. Au fil des jours, nous allons découvrir non seulement ses talents de guide (il connaît le massif du Siroua comme sa poche), de marcheur, de grimpeur (en sandales dans les rochers) mais aussi de véritable artiste de cirque (musicien, chanteur, danseur, contorsionniste ou encore magicien à ses heures).
La première journée de marche est un bel aperçu de ce qui nous attend. Les plateaux désertiques font suite à des gorges aux oueds asséchés. Les montées et les descentes se succèdent. Contrairement aux idées reçues, les paysages sont loin d’être monotones. Du sommet d’une colline, nous apercevons au loin le Siroua, point culminant de l’Anti-Atlas, à 3 300 m, notre objectif. À midi, nous faisons connaissance avec Driss, le cuisinier, qui nous attend avec la traditionnelle salade marocaine (tomates, concombres, oignons roses, poivrons coupés en petits dés et assaisonnés à base d’un mélange d’herbes où domine le cumin et d’huile d’olives).
Le soir, notre premier bivouac s’installe face au village d’Ait-Igga. Un point d’eau courante permettant une toilette sommaire (confort non négligeable) et le couscous de Driss remettent tout le monde en forme.
Jour 3 : De Aït Tigga vers Atib
Mardi 5 octobre
Grâce au réveil matinal des deux « wariors » qui ont passé la nuit à la belle étoile, tout le monde est d’attaque à 8 heures. Notre journée commence par la traversée d’Aït-Igga où les villageois, en préparant leurs champs à la culture du safran, laissent présager l’arrivée de la pluie. Les traversées de villages sont l’occasion de rares rencontres humaines mais de nombreuses explications et découvertes culturelles (rôle du grenier commun, fabrication et utilisation du four à méchoui, rituels de la mort, place de la femme dans la société...). Au bord d’une rivière, le cadre de la pause repas est magnifique. La pluie fait son apparition pendant que nous mangeons. Elle nous épargnera ensuite jusqu’au soir où le campement pend place au pied du Tisfeldat (2 500 m), au coeur des bergeries d’alpages. Nous ne savons toujours pas si c’est la virilité des torses de nos compères masculins, où le fait de nous laver les cheveux dans de l’eau proche des 0°, toujours est-il que la toilette a provoqué un fou-rire mémorable pour deux femmes venues cherche de l’eau avec leurs filles. En quelques minutes, nous étions l’attraction locale.
Autre moment fort de la journée, la préparation du repas dans la tente de la cuisine, transformée en salle de concert par l’équipe muletière. Par quelques mots, quelques gestes, quelques traductions, la communication s’installe. La soirée sera l’occasion de prolonger ces temps de partage par l’échange de chansons, jeux, sketchs et nombreuses crises de rires.
Jour 4 : Ascension du D'jbel Siroua, arrivée à la bergerie d'Iriri
Mercredi 6 octobre
Aujourd’hui, c’est le grand jour. Objectif : vaincre le Siroua. C’est la plus grosse journée de marche (7 heures environ) et le plus gros dénivelé (1 000 m). Les conseils d’Hassan sont précieux pour trouver le bon itinéraire entre les traces des troupeaux, les plateaux balayés par le vent et les chemins inexistants. La dernière grimpette sur les rochers ne manque pas de provoquer une petite poussée d’adrénaline (contrairement à nos guides, nous ne sommes pas tous nés chèvres ascendants Iguanes). Si nous n’avons pas droit à la vue, paraît-il exceptionnelle, sur les 4 000 de l’Atlas, quelques flocons de neige apportent un brin de magie à ce moment d’exception. À l’abri du vent, au pied de Sirouette (alias Mme Siroua) nous pique-niquons avant la descente dans des cirques volcaniques où nous croisons de nombreux troupeaux, jusqu’aux bergeries d’Iriri où le bivouac s’installe pour deux jours. À l’arrivée, les beignets de Driss font sensation...
Jour 5 : Le tour du massif de l'Amzdour
Jeudi 7 octobre
La journée est consacrée à faire le tour du massif de l'Amzdour (3 002 m). Entre 5 et 6 heures de marche nous attendent. Malgré les ampoules pour certains (es), les courbatures et un peu de fatigue, le groupe a un moral d’acier. À midi, nous « squattons » dans la cour d’une bergerie. La rencontre avec le groupe de Terres d’aventures nous fait apprécier non seulement notre homogénéité dans l’âge mais aussi la bonne entente qui s’est créée. Certes, on n’est pas toujours très légers mais au moins, on s’amuse... (mea culpa à tous ceux que j’ai pu choquer !). Au retour au camp, un ballon prisonnier (sponsorisé par K. Way) permet de découvrir que nos accompagnateurs locaux auraient toute leur place dans des équipes de handball... La puissance des tirs ne laisse aucune chance aux victimes... Entre les chants, danses, jeux, devinettes et loulalés, la soirée va se prolonger jusqu’au coeur de la nuit. Un chaton, paraît-il, reste traumatisé à vie...
Jour 6 : Des bergeries d'Iriri vers Tamazirt
Vendredi 8 octobre
Par des chemins de crête et des plateaux désertiques avec vue sur le massif de l’Atlas (nous apercevons enfin le Toubkal et le M’Goun qui nous tendent les bras pour un prochain séjour), nous allons rejoindre Tamazirt. Le campement se fait non loin du village, occasion de se ravitailler en boissons (non alcoolisée) et biscuits que nous partagerons pour notre dernière soirée...
Jour 7 : En route pour Marakech
Samedi 9 octobre
Les minibus nous attendent à Tamazirt. Après une dernière photo de groupe, nous quittons l’équipe muletière et l’Anti-Atlas, riches de nombreuses rencontres, de paysages, de souvenirs, de découvertes, d’échanges... Après une semaine au grand air, la pollution et les gaz d’échappement sont un véritable supplice. Le temps est maussade, personne n’a bien envie de retrouver l’agitation de la ville et le confort (sommaire) de l’hôtel. Quelques-unes prolongent cette immersion dans la culture marocaine par un « peeling de choc » au hammam pendant que les autres se perdent dans les souks de Marrakech. Après un dernier repas, nous quittons Al Houcine et Mohamed.
Texte de Pascale
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